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Poteline Décrire mon balcon
  • cas d usage
  • Par Jimenez Julien
  • Publié le
  • Mis à jour le
  • 10 minutes de lecture

Comment fleurir un balcon plein ouest au cinquième étage de mars à octobre ?

Cinquième étage, balcon de trois mètres vingt plein ouest, pas de robinet, quinze jours d’absence en août et une copropriété qui refuse l’accrochage côté rue. Voici le déroulé complet d’une saison sur ce balcon type, du relevé de mars au bilan d’octobre, avec les décisions prises à chaque étape et celles qui ont dû être corrigées en cours de route.

Femme d’une cinquantaine d’années ajustant trois grandes jardinières alignées sur un balcon en étage, en fin d’après midi

Sur ce balcon, la floraison de mars à octobre a tenu grâce à trois décisions prises avant le premier achat: remplacer dix petits pots par cinq gros contenants posés au sol, retenir sept espèces à tiges souples qui ne cassent pas au vent d’ouest de fin de journée, et caler la palette sur une absence de quinze jours en août plutôt que sur une saison idéale.

Tout le reste a découlé de ces trois choix. Voici la saison complète, mois par mois, avec ce qui a été corrigé en cours de route.

Le point de départ: trois printemps de plants perdus

Le balcon fait trois mètres vingt de long sur un mètre dix de profondeur, au cinquième étage d’un immeuble des années soixante. Pas de robinet, une rambarde pleine en tôle, un règlement de copropriété qui interdit toute suspension côté rue.

Ce qui avait été acheté, et quand

Chaque année, une visite en jardinerie fin mars, une dizaine de pots de vingt centimètres, des plants choisis à la couleur, et un sac de terreau unique pour tout rempoter le week-end suivant.

Les pots étaient alignés le long de la rambarde, là où la lumière est la meilleure, donc aussi là où le vent frappe. Arrosage rapide chaque soir en rentrant, un demi litre par pot environ.

Les symptômes constatés en juillet

Dès la deuxième semaine de juillet, les tiges les plus hautes cassaient au collet, les feuilles se recroquevillaient sur les bords et le terreau se décollait des parois. L’eau du soir traversait le pot en quelques secondes sans mouiller la motte.

Trois hypothèses ont été posées, puis vérifiées: volume de terre insuffisant, exposition mal évaluée, absence estivale jamais anticipée. Les trois étaient exactes.

Le relevé de mars: quatre heures de soleil et du vent après seize heures

Avant tout achat, huit jours de relevé, trois observations par jour notées sur une page de carnet. C’est court, et cela a réorienté la totalité de la liste d’achat.

Trois zones repérées sur trois mètres vingt

Un ruban de couleur a marqué trois zones: l’angle près de la porte fenêtre, le centre, et l’extrémité côté rue. Le soleil direct arrivait vers treize heures trente en mars, pour environ quatre heures, davantage en juin.

L’angle près de la porte restait à l’ombre du mur de refend jusqu’à quinze heures. L’extrémité, elle, prenait tout: soleil rasant, lumière réfléchie par l’immeuble d’en face, et pas une minute d’abri.

Le vent d’étage, mesuré au ruban pendant huit jours

Un ruban de tissu noué à la rambarde a servi de témoin. Il pendait le matin, bougeait à peine à midi, et se tendait presque à l’horizontale à partir de seize heures, six jours sur huit.

Cette régularité a tranché deux questions. Les plantes à tiges hautes et cassantes ont été écartées d’office. Et les bacs les plus lourds ont été prévus à l’extrémité la plus ventée, pour ne pas avoir à les retenir en septembre.

Le choix des contenants et le calcul du poids

Le poste contenant a été traité avant le poste plantes, et non l’inverse. C’est le renversement le plus utile de toute la saison.

Trois bacs de quatre-vingts centimètres plutôt que dix pots

Dix pots de vingt centimètres représentaient environ trente-cinq litres de terre au total. Trois bacs de quatre-vingts centimètres et deux pots de quarante en offrent près de cinq fois plus, pour une surface au sol comparable.

Le calcul se fait sur les dimensions intérieures: un bac de quatre-vingts centimètres de long, vingt-cinq de large et vingt-deux de profondeur utile contient de l’ordre de quarante litres. Les cinq contenants ont demandé cinq sacs de quarante litres, tassement compris.

Volume de terreau, poids en charge et répartition sur la dalle

Un bac de quarante litres de terreau saturé d’eau pèse de l’ordre de trente kilos, contenant compris. Multiplié par cinq, cela ne se pose pas au hasard.

Les bacs ont donc été alignés le long du mur de façade, jamais en porte à faux contre la rambarde, et posés sur des cales de deux centimètres pour laisser l’eau s’écouler et couper le contact avec la dalle chaude. L’accrochage extérieur avait de toute façon été écarté, pour les raisons exposées dans notre article sur ce que votre copropriété peut exiger de vos jardinières de balcon.

La palette retenue et l’ordre de plantation

Sept espèces, pas une de plus, toutes courantes en jardinerie française et compatibles entre elles en besoins d’eau et de soleil.

Sept espèces compatibles en eau et en exposition

  • Géranium lierre, retombant, tenant le soleil de l’après midi et le vent sans casser.
  • Gaura, tiges longues et souples qui plient au lieu de rompre, floraison très étalée.
  • Cheveux d’ange, graminée basse qui absorbe le mouvement et donne du volume l’hiver.
  • Sauge arbustive, sobre en eau, fleurie jusqu’aux premières gelées.
  • Verveine retombante, annuelle couvrante qui masque le bord des bacs.
  • Santoline, feuillage gris compact, très à l’aise face à la lumière réfléchie.
  • Bidens, annuelle basse et florifère, utile pour tenir la couleur en septembre.

Ce qui a été planté mi avril, et ce qui a attendu la mi mai

Mi avril, les rustiques: sauge, santoline, cheveux d’ange et gaura, installés dans les deux bacs de l’extrémité et dans un pot de quarante. Un gel tardif en fin de mois ne leur a rien fait.

Les frileuses ont attendu la mi mai: géranium lierre, verveine et bidens, plantés en bordure des bacs, côté extérieur, pour retomber sur la rambarde. Remplissage toujours dans le même ordre, drainage, terreau, motte, tassement, arrosage copieux.

Juin et juillet: pincement, canicule et arrosage du soir

C’est la période où un balcon se joue. Deux gestes, l’un début juin, l’autre pendant l’épisode de chaleur, ont sauvé la floraison d’août.

Le premier pincement et ce qu’il change en août

Début juin, les extrémités des géraniums lierre, des verveines et des bidens ont été pincées entre deux ongles, au-dessus d’une paire de feuilles. La touffe perd sa fleur du moment et repart en trois ou quatre tiges.

Résultat visible six semaines plus tard: des touffes denses au lieu de longues tiges nues, et une floraison qui ne s’épuise pas fin juillet. L’engrais a suivi la vigueur observée, espacé dès que le feuillage devenait tendre.

Les trois jours de forte chaleur et les gestes appliqués

Pendant l’épisode le plus chaud, quatre gestes ont été appliqués sans discuter: bacs de l’extrémité rapprochés du mur, paillage complété, soucoupes retirées pour éviter l’eau stagnante et la terre bouillante, arrosage reporté après le coucher du soleil.

Aucune plante n’a été taillée pendant ces trois jours, ni nourrie. La floraison a marqué un arrêt visible, puis est repartie la semaine suivante. Le choix du dispositif d’arrosage sur une exposition brûlante est comparé dans notre analyse du bac à réserve, du goutte à goutte et du paillage épais en plein sud.

Quinze jours d’absence en août, sans perdre la floraison

L’absence était connue depuis mars. Elle a donc été un paramètre du plan, pas un imprévu à gérer la veille du départ.

La préparation étalée sur les dix jours précédents

Plus aucune plantation ni aucun rempotage à partir du premier août. Les cinq contenants ont été regroupés dans l’angle abrité, serrés les uns contre les autres, sur leurs cales.

Le paillage a été porté à cinq centimètres sur un terreau déjà humide, les fleurs fanées et les tiges épuisées supprimées, et l’arrosage profond fait la veille au soir, jusqu’à ce que l’eau ressorte par le fond de chaque bac.

La voisine, la clé et les consignes tenant sur une page

Une voisine du troisième a accepté deux passages, à six jours d’intervalle. Elle a reçu une clé, un arrosoir de dix litres laissé sur place, et une page manuscrite: cinq litres dans chaque grand bac, trois dans les pots, le matin de préférence.

Deux précisions ont été ajoutées, parce qu’elles ne vont pas de soi: verser lentement en deux fois si la terre s’est décollée du bord, et ne rien tailler. Le niveau de restriction d’eau en vigueur dans la commune a été vérifié la veille du départ.

Septembre et octobre: bilan chiffré et bascule d’automne

Au retour, deux plantes marquaient le coup, aucune n’était morte. Le bilan de fin de saison a été écrit noir sur blanc, plante par plante.

Ce qui a survécu, ce qui a été remplacé

EspèceZoneÉtat en octobreDécision
Géranium lierreBord des trois bacsFleuri, tiges intactesReconduit
GauraCentre, zone ventéeDense, floraison continueReconduit, divisé au printemps
Cheveux d’angeExtrémitéIntact, beau en septembreConservé toute l’année
Sauge arbustivePot de quaranteFleurie tardivementReconduite, taillée en mars
Verveine retombanteBord côté rueÉpuisée fin aoûtRemplacée en septembre
SantolineExtrémitéCompacte, feuillage sainConservée
BidensBacs centrauxEncore fleurieReconduite comme annuelle

Une seule perte réelle, la verveine, brûlée par la lumière réfléchie de l’extrémité. Elle a été replacée en zone centrale l’année suivante plutôt que retirée de la palette.

Les bulbes plantés en octobre pour le printemps suivant

Mi octobre, nettoyage des bacs, retrait des annuelles finies, et remplacement du tiers supérieur du terreau plutôt qu’un rempotage complet. Les vivaces sont restées en place.

Des bulbes de printemps ont été enfouis entre les touffes, à une profondeur d’environ trois fois leur hauteur, pour fleurir avant les premiers achats de mars. Le voile d’hivernage et les protections sont venus ensuite, selon le calendrier des gestes de balcon mois par mois, du semis au voile d’hivernage.

Une saison entière sur un plein ouest en étage tient donc à peu de chose: un relevé de huit jours, cinq contenants au lieu de dix, sept espèces souples, un pincement de juin et une absence prévue dès le mois de mars. Aucune de ces décisions ne demande d’expérience, seulement de les prendre dans cet ordre.

C’est ce déroulé que nous produisons pour chaque balcon: plan par zones, volume et poids de chaque bac, palette limitée, calendrier de gestes et consignes d’absence. Décrivez votre exposition et votre étage pour demander une démonstration de Poteline, ou parcourez d’abord la méthode de diagnostic de balcon.

Du carnet au balcon

Poteline reprend votre exposition, votre étage, votre vent et vos semaines d’absence, puis en tire une palette végétale limitée, un plan de bacs avec les volumes de terreau et un calendrier d’arrosage tenable. Décrivez votre balcon en quelques lignes, vous recevez une première lecture de votre situation et une démonstration du plan de saison.

Décrire mon balcon
Portrait de Jimenez Julien, éditeur de Poteline

Jimenez Julien

Éditeur de Poteline, il travaille avec des femmes qui fleurissent un balcon, un rebord de fenêtre ou une petite terrasse en ville, et qui ont perdu assez de plants pour vouloir des relevés plutôt que des conseils de jardin. Il documente ici les mesures d’exposition, les volumes de terreau, les règles de copropriété et les calendriers d’arrosage applicables en France.

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